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Top 5 des stéréotypes sur les interprètes

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On s’est mis dans la peau d’un interprète pour vous expliquer à quels stéréotypes ils sont régulièrement confrontés. Et franchement, c’est pénible !

Déjà, la base : le métier d’interprète LSF/Français oral – oui, c’est un vrai métier – ne peut être exercé que par un entendant. Ben si. Puisqu’il faut interpréter les échanges entre des sourds et des entendants. Ok ? Bon, alors passons aux idées reçues sur le métier d’interprète LSF. Un métier assez peu connu, finalement.

1. Non, être entendant et “fils de sourd”, ça ne suffit pas pour devenir interprète

Non, sérieux, c’est un vrai métier interprète LSF, hein. Être enfant CODA, ce n’est pas un truc qu’on peut mettre sur son CV dans la rubrique “Références professionnelles” ! Le fils de votre plombier ne peut pas remplacer son papa pour réparer un truc, sous prétexte qu’ils vivent sous le même toit. Ben là, c’est pareil. Il faut avoir fait des études pour devenir interprète.

2. Oui, il y a de vraies études à suivre pour devenir interprète LSF

Des études de plusieurs années, avec des examens à passer et tout, et tout. Des études qui vous donnent droit à un diplôme à la fin. Un diplôme grâce auquel vous aurez un travail d’interprète LSF qui vous permettra d’exercer votre amour de la langue des signes. De façon fort mal rémunérée, certes, mais quand même. Même que c’est compliqué, parce qu’il faut réfléchir dans 2 langues différentes : le Français et la Langue des signes.

Alors hop, on s’inscrit à l’un des 5 cursus reconnus pour délivrer un diplôme de l’Education Nationale pour devenir interprète LSF.

3. Non, ce n’est pas parce que j’accompagne un sourd qu’il est de ma famille

J’insiste : c’est mon travail, d’être interprète. Si vous êtes avocat, on ne vous demande jamais si votre client est de votre famille ?

A l’inverse, à l’attention des personnes sourdes de ma famille : non, je ne suis pas votre interprète personnel, alors arrêtez de me faire la gueule quand je vous dit que j’ai un empêchement. C’est vrai. En général…

4. Si, si, je vais lui répéter exactement ce que vous venez de dire

Je suis interprète, mais ça ne veut pas dire que j’interprète ce que vous dites. Donc, si vous dites une blague nulle parce qu’il n’entend rien : dommage, je vais la lui répéter ! Si, si. Ça s’appelle la déontologie. Fidélité au message, neutralité et respect du secret professionnel. Ouep. Et c’est là que je suis bien ennuyé, quand une personne sourde me demande d’interpréter un appel à un téléphone rose…

5. Non, je ne suis pas une aide sociale

L’intervention d’un interprète est souvent financée par la PCH ou des aides de l’AGEFIPH. D’accord. Mais MOI, je ne suis pas une aide sociale. On ne confond pas le mode de financement et la personne. Merci pour elle !

Et oui, du coup, il faut payer l’interprète. Le statut reste vague, puisque dans l’article 28 du Code traitant de “l’accessibilité des services publics, des services client et des offres de communications électroniques aux personnes sourdes et malentendantes”, il n’est pas indiqué quels diplômes ces interprètes doivent avoir. Face à ce flou juridique, l’employeur peut donc d’être tenté de faire appel à un organisme non reconnu ou à des personnes non qualifiées (donc non, le collègue qui connaît 3 signes en LSF n’est pas qualifié), mais moins chères, pour servir d’interprète.

 

Pour finir, voila une blague très connue sur les interprètes, un humour pi-Sourd qui montre bien la contradiction de ce que ressentent les sourds vis à vis des interprètes : « Un aveugle meurt, on l’enterre après avoir déposé sa canne blanche dans la fosse. Puis c’est un handicapé physique qui décède. On l’enterre avec son fauteuil roulant. Et un sourd qui vient de mourir. Avec quoi va-t-on l’enterrer ? Avec son interprète, bien sûr ! »

Et pour plus d’infos sur le métier d’interprète, regardez le site Des signes et des mots de Stéphan Barrère.

Delphine Santini

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